27 oct. 2007

Imaginer (voix)

« J’écris autrement que je ne parle,
je parle autrement que je ne pense,
je pense autrement que je ne devrais penser
et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité »
F. Kafka




Voix en soi. Ou de soi. Voix ou idée de. qui serait la voix du mot écrit ; celle que ne parle pas la langue ; une voix musique ; une voix oreille.
Une qui sais, ou qu’on crois savoir sachant. Quoi qu’il en soit nulle autre à écouter. Pas même vraiment le choix de ne la pas écouter.
Du dedans, elle dit. Plus souvent du silence et du vide, mais pas nécessairement dès que silence ou vide, elle dit.
Que dit-elle ? Rares bribes et mots tronqués surgissant sans suite et raison, ou multiples long rubans de langues affolées fuyant vite.
Et Non. Du dedans elle dit non.
Non. Parfois, et même souvent, Non, dès qu’on lui cherche un substrat extérieur à soi.
Non, dit-elle, Ce n’est pas ce que dit, dit-elle, Encore, dit-elle, Recommence, dit-elle.
Redit-elle ? Elle redit. ou semble redire. Avec d’infinies variations infimes, elle redit. Sans que le redit soit plus su que le dit.
Lorsque finalement, Ne sais pas, Suis fatigué. Faire taire par l’étouffement d’elle sous le vu, le lu et l’entendu d’autres pour combler. noyer en fait. Un temps. Car insatiable, bien entendu. Et les silences guettent.
Quand la langue finalement la parle, essaie de la parler, la voix ne se reconnaît pas et, bien souvent, lorsqu’écrite elle se lit, non reconnue non plus ; elle le dit, Ce n’est pas ce que dit. C’est qu’hors de la boue de soi, elle se perd. Car, en admettant qu’elle puisse l’être, elle ne peut être qu’extraite de l’enveloppe de soi d’où elle résonne à l’intérieur. On la sait peau, limite, barrière de soi. En dedans d’elle seul soi peut être ; en dehors tous êtres le peut, sauf soi.
Alors totalement en dedans, enfermé à jamais ? Non, reste les bouts de soi, jetés à l’extérieur. Mais chaque mue d’elle ne la révèle pas — la mue est morte et la voix, du dedans, le dit encore, Ce n’est pas ce que.
Alors, À vif, les couches grattées, les mortes-mues dépecées avant que sèches, aller chercher la vivante en dessous.
Voix.
Que dit-elle ?
Non.
Recommence.


Musique : « Cind erma la ’48 »
Taraf de Haïdouks Honourable brigands, magic horses and evil eyes
(Qui sera rapidement retiré de ce site, oui, et immédiatement
sur toute demande de la maison de disque, naturellement)

2 commentaires:

Arnaud Maïsetti a dit…

pourquoi vouloir retirer la musique...? Je ne l'aurai jamais entendu ailleurs qu'ici, le musicien devrait davantage te remercier que de te censurer de vouloir faire écouter sa musique...

merci en tout cas.

Omnë a dit…

La loi ne m’autorise malheureusement pas à mettre sur internet de la musique pour laquelle je n’ai pas payé de droits concernant ce mode de diffusion (bien que je paye les CD et les taxes sur les disques durs, les CD vierges, etc…). La retirer au bout d’un moment, c’est une manière de dire que je respecte cette loi là.
Cela dit, je suis entièrement de ton avis sur le fait que ça ne leur fait pas grand mal.
Le taraf de haïdouks est un des premier groupe roumain à s’être produit en Europe après la chute du communisme. Ils ont largement contribué à faire connaître cette musique. C’était eux, dans le film Gadjo Dilo. Leurs CD sont à découvrir, si tu ne connais pas.