29 juil. 2008

Imaginer (montagne)

Mont, chairs assises lorsque non couchées, surmontées d’une tête nue où deux rieurs luisent lentement. Fatigue de la chair. Fatigue des yeux. Vivacité du regard n’appartenant presque plus au corps, le laissant, lui, à ce qu’il souffre trop, aux noms barbares dont se parent les causes et qui ne répondent pas aux question ; ternissement parfois des deux vifs avant qu’ils cillent et que l’ombre en soit chassée.
Sourire.
De la bouche entre joues rebondies et lèvres sang sortent les mots que la timidité ne peut y tenir plus longtemps. Besoin du dire, réflexes anciens de la politesse dictée. Ils disent entre deux essoufflements, incompréhensibles sinon la musique contenue qui signe leur origine, tandis que s’excusent dans un plissement complice les deux désolés. Un hochement de la lourde tête. Sourire au passage des sons.
Les mains répondent, timides avant que fermes dans leur certitude technique, répondant au corps, tandis que le silence s’étale face au décochement sans cesse des douleurs contre la masse. Les yeux tempères. Continuer. Rien de grave : le corps crie depuis tant que ces sursauts ne sont rien.
Surgit alors une enfant aux mèches sauvages. Un rien entre les grosses mains, un infini sur les larges genoux. Le bonheur cache la souffrance sous un tablier de caresses. Elle, légèreté minuscule, a déjà bondi sur ses frêles guibolles, s’est enfuie.
Avant la séparation dans l’assurance du retour, une boîte tendue de pistaches parfumées qui disent par l’émeraude cachée sous la paupière violette toutes les saveurs de la langue inconnue.
Acceptes.

2 commentaires:

JuliT a dit…

Eh! Tu me prends au piège parce que je sais ce que t'as fait avant de réutiliser tes mains! et je connais le nom de la montagne aussi!
Contente quand j'arrive à percer tes visions!
J.

Olivier a dit…

Tu connais le nom d’une des montagne, oui. L’autre, celle des genoux et des pistaches remonte comme à un autre temps où j’« utilisais mes mains » aussi.