10 janv. 2008

Imaginer (pdf-idpf-prc)

Fourre-tout sur les formats, les lecteurs et ce que j’y trouve.
La question est compliquée car s’y mélange trois éléments : le format dans lequel est publié le document, l’appareil sur lequel on le lit et le logiciel qui est utilisé.

Il nous manque un tableau récapitulatif (sur wikipedia ?) fondé sur cette page. Je vais essayer de lancer ce projet.

J’ai donc commencé à lire des pdf « longs » à l’écran, sur mon portable.
Première impression : mon portable est lourd, n’insistons pas, mais son écran de 14′ en 16/10 est amplement suffisant pour lire. (une rotation de 90°, ou sur sa base, type olpc, serait la bienvenue). Ce n’est pas là une grande nouveauté : on savait déjà que le livre électronique avait besoin d’un support propre, et il y en a déjà un certain nombre (en attendant l’ordinateur en tissus et son écran en papier électronique).
Passons à la navigation. Les textes dont je disposais sont en pdf, j’ai deux programmes qui me permettent de les lire : evince, le lecteur par défaut pour linux-ubuntu et acrobat reader 8 que je n’utilise que très peu mais qui est très complet.
Les deux proposent deux modes de « navigation » : un seul long parchemin ou une suite de pages.
Mon écran étant assez grand, j’ai vite préféré le mode page car le défilement n’est pas assez souple à mon goût et on est obligé d’interrompre sa lecture le temps de faire défiler le texte.
Bien qu’étant l'un des format les plus portables et les moins risqués, le pdf pose plusieurs problèmes, liés aux droits accordés par le créateur du pdf (je ne les avais pas sur les textes que j’ai testés) :
— Je n’ai pas le choix des polices, tant de leur taille que de leur type. Dans le cas présent, elle aurait pu être plus petite, ça m’aurait permis d'économiser des « mouvements » de défilement du document ;
— sur un écran plus petit, je n’aurais pas eu d’autre choix que de me mettre en mode défilement : la lecture en aurait été beaucoup plus saccadée ;
— je ne peux pas mettre de marque page ! (ou je suis trop bête et n’ai pas réussi à le faire). Pourtant je n’utilise jamais de marque page avec les livres papiers, mais pour l’instant, j’y retrouve plus vite ma page (courbure « physique » des pages déjà lues, mémoire visuelle des paragraphes, mémoire sensitive de l’épaisseur déjà lue ou restante) ;
— le document n’étant pas séparé en de nombreux chapitres, je ne sais pas trop où j’en suis : dans le livre, dans le chapitre. Je crois que sur le Kindle® et sur d’autres solutions logicielles, la solution choisie a été de mettre un pourcentage. Mais pourcentage de quoi ? du nombre de feuilles ? Ça contraint à ne pas en changer le nombre (donc la typographie), il faut donc que ce soit un pourcentage du nombre de mot, voire du nombre de caractères. En tout cas cette question du positionnement dans le texte est un point très important et je ne me souviens pas avoir lu quoi que ce soit à propos de solutions satisfaisantes. Peut-être nous faut-il de nouvelles unités : des kilo-mots ou des kilo-phrases ? ;
— pas possible de mettre des notes non plus (toujours lié à un problème de droits).

Bien entendu, des avantages possibles (tout dépend de l’outil utilisé pour la création du document) :
— Belle mise en page ;
— typographie possiblement avancée (ligature, crénage). (Notons que firefox 3 saura aussi le faire (c’est cette diapo) en partant d’un simple document en html comportant les bons attributs — ce qui relance l’intérêt de l’extension Openberg associée à prism par exemple puisqu’on aurait tous les atouts d’un navigateur associés ;
— très grande portabilité (bien que la typographie et la mise en page doivent être modifiées pour des écrans plus petits).

On comprend donc vite l’intérêt d’un autre format que le pdf dédié au livre électronique ; et la guerre des formats qui s’en suit.
Guerre qui est déjà là depuis quelque temps, et heureusement les habitués du combat pour les formats ouverts ont déjà pris les devants. Un format ouvert, libre et multiplatforme existe : l’idpf ou OEB pour OpenEBook. Ce n’est qu’un format parmi de nombreux autres. Mais le fait qu’il soit ouvert et soutenu par plusieurs organismes est plus que déterminant pour une saine évolution d’un « produit » dont on ne connaît que très mal l’avenir. Cela dit, il semble que la fondation qui avait été créée, entre autres, pour le soutenir ait cessé son activité. Ce n’est pas la mort du format mais il est dommage qu’il n’y ait pas eu une plus grande adhésion au projet — peut-être avait-il été lancé trop tôt.
La raison de mon inquiétude concernant les formats est très simple : le livre, encore plus que la musique, a besoin d’une grande pérennité. Un livre que j’achète maintenant doit être encore lisible dans vingt ou cent ans. Mieux, les notes, les signets et autres soulignages que j’y ajoute doivent y perdurer et être encore lisibles quelle que soit l’évolution du format qui les contient. Dans l’idéal, ces notes devraient aussi s’adapter aux différentes « révisions » d’un document. Il faut aussi que mon livre soit lisible sur tous les appareils que je croise et aussi sur ceux qui n’existent pas encore. Que se passera-t-il si la firme qui possède le brevet d’un format en change sans maintenir les anciennes versions — ou au moins une compatibilité avec ces versions ? Et ce sont des problèmes courants avec des vieux formats d’image, de son et de texte. C’est aussi la raison pour laquelle un livre électronique ne doit pas avoir de DRM.

J’ai un peu cherché dans les programmes libres pouvant lire les formats disponibles.
Je connaissais déjà le djvu que mon lecteur de pdf lit par défaut et qui est utilisé par wikisource pour l’affichage des contenus numérisés. Il a de nombreux avantages face au pdf (et le désavantage de ne pas avoir été créé par une multinationale informatique) mais, comme le pdf, c’est un format image, avec les mêmes inconvénients (et dix fois moins de place occupée, quand-même).

Pour lire des fichiers au format idpf (ils portent l’extension .epub, les ops, opf et ocf sont les différents formats ouverts et conteneurs), plusieurs possibilités :
DotReader, projet qui semble repartir ces derniers temps. Le lecteur a l’air de contenir tout ce dont je rêve : système de signets, de recherche (y compris avancées avec expressions régulières), un mode de surlignage, une bibliothèque… malheureusement mes tests n’ont pas été très concluants et tout cela ne me semble pas encore très utilisable au quotidien ;
FBReader (ça ne s’invente pas, « toute ressemblance avec des initiales existantes ou… » quoique, serais-je vraiment surpris ?), beaucoup moins de fonctionnalités que le précédent mais prévu pour de nombreux appareils différents, pas très mûr non plus…
— le Mobipocket ebook reader conçu à la base pour lire le format du même nom (ce que font aussi les programmes ci-dessus) mais ne fonctionne malheureusement pas sous Mac et Linux… dommage il a l’air d’être un des plus évolués dans son domaine ;
Adobe Digital edition. Là aussi, il n’y a qu’une version windows ;
Openberg qui est en fait une extension pour firefox. À noter qu’ils mettent aussi à disposition Openberg rector qui sert à créer des livres électroniques au format oeb à partir d’autres formats. J’en ai dit quelques mots plus haut concernant les futures capacités graphiques de firefox3.

Notons aussi Plucker qui dispose de son propre format (ouvert lui aussi) et semble plutôt destiné au marché des pda. Mais il n’y a pas eu de mise à jour récente.

N’oublions pas aussi, le format docbook, libre et fondé sur l’xml mais qui est surtout utilisé dans les domaines scientifiques (c’est pour ça qu’il a été créé). Il n’en demeure pas moins efficace quand au résultat —Cf les publications d’O’Reilly et la collections de livres sous licence Créatie common .

Le format, autre que le pdf, et qui semble s’imposer est le mobipocket, lui aussi en xml, créé par une firme française et racheté par Amazon en 2005. En plus du fait qu’il soit verrouillé par des DRM (ce n’est pas obligatoire, me semble-t-il), il est la propriété d’un groupe qui vend des livre (et pas qu’un peu), ce qui n’est pas des plus rassurant.

Pour l’instant j’ai donc l’impression que le pdf reste la solution la plus efficace pour rendre les textes accessibles à tous. Mais que c’est une situation qui va sans doute très vite évoluer car les limites du pdf vont vite se heurter aux nouveaux appareils de lectures.

Une chose est certaine, c’est que ce sont les langages à balises (xml en tête) qui sont retenus pour la création de ces formats de livre électronique. Je m’étonne que personne n’ai pensé à utiliser du TeX (avec ou sans les macros LaTeX ou Context) pour ce faire puisque c’est le langage à balises le plus ancien pour la mise en forme de texte. Sans doute la lourdeur de la compilation, ou la complexité du langage. Ce pourrait pourtant être une base très complète pour aller, ensuite, vers différents formats (un pdf inégalable en qualité, du xml mobipocket ou idpf). Dans cet esprit, le format libre .odt est lui aussi un langage qui pourrait constituer une base commune avec l’avantage d’une édition WYSIWYG dans OpenOffice, googledoc et autres, mais des capacités typographiques moins importantes.


Tous ces sujets ont déjà été traités dans bien des médias, mais je me pose quand même une question : et vous, comment lisez vous vos livres électroniques ?

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