9 nov. 2007

Imaginer (pluie)

Nu. Serait nu — ou comme.
Et dressé. Nu et dressé. À l’attendre. Unique.
Pas une des innombrables autres, semblables dont on ne veux.
et qui passeraient, comme invisible à la peau.

Serait le temps. les heures.
Le froid. le vent.
Le vert, partout autour.

Tomberaient de haut, de très haut.
D’infiniment. pour l’image du nu, dressé dans le vert, à attendre sous la nuée des tombées infinies.
Visage offert. où les yeux. dressés aussi.
Le cou cassé pour la tête renversée.
Et les écarquillés à guetter sans cesse.
Comme si attendu qu’elle soit distinguée de toutes, unique pour ce qu’elle est espérée.
Alors qu’à moins que ce soient les écarquillés qui finalement la sentent, peu de chance sinon qu’il la reçoivent au moins qu’il l’aperçoivent.

Bras. impossiblement autrement que pendant.
(même impossiblement aux pieds ancrés).
Sur le front, sur les épaules, sur la bouche aussi, frapperaient celles qui ne la sont pas.
Encore et encore. sur toutes zones que la sensibilité inonde sous peau. Inonderait.
Chacune d’elles, sitôt tombée, passant. Plus goutte déjà. Vite chassée par la suivante non voulue non plus.
Toutes renvoyées au rien, avec le vent et le froid et le vert.

Elle. ne glisserait pas, ne ferait pas rigoles et sillons, agrégée aux autres.
Elle. sur cible-peau. Ploc. Là où de toujours attendue une fois que sentie.
Elle. fin de la patience.
Début. du début.
Du re-début.
Chaque sensible-peau, un à un, repartant au zéro unique de cet enfin-là. Et chaque sensible sous peau de même.
Cessant la nécessité d’oublier tout ce qu’avant l’attente. Longue au cours de laquelle rien d’autre que cet oubli pour combler.

Et l’espoir. L’oubli et l’espoir pour la patience.

Alors, à bout de patience, ploc, re-sentirait à nouveau, du début. Re.
Nouveau début.
Re-nouveau.

2 commentaires:

Aile a dit…

Pluie (vent et brise océane).
Toi (homme, bleus comme jamais).
Froid (mes doigts roses-plumes, larmes au coin).
Marcher.
Se retourner.
Se dire.
Chercher la rouille.
Et dessous, félicité. Non, falaise, avec toi.

Julie a dit…

ça très touchant... les larmes pas loin en écrivant on les sent... sais pas si le sujet laissé tombé contrainte réfléchie mais ça marche, dans ce contexte intime, pas besoin, alors pourquoi faire avec après tout? pourquoi pas faire comme les mots qui viennent sans phrase dans l'esprit qui sent et ne pense pas encore... Pourquoi ne pas faire un peu plus encore?