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31 juil. 2008

Imaginer (prs à l’heure)


J’en avais rêvé il y a quelques billets, la communauté l’avait déjà fait : mon livre électronique affiche l’heure. Et j’ai bon espoir que la méthode qui a permis que le sony m’affiche l’heure puisse aussi, un jour, lire mes fichiers sons en ogg et en flac.

La communauté open-source étant ce qu’elle est il y a déjà un firmware open-source en cours de développement pour les livres électroniques, et le prs-505 est un des appareil auquel est destiné ce firmware. À quoi bon ? C’est très simple : pouvoir faire ce que l’on veut avec l’appareil. Lui faire lire les formats que l’on souhaite, avec le logiciel que l’on souhaite, améliorer les performances et utiliser toutes les capacités de l’appareil. Or tout dépends de la puissance et de la mémoire contenue, mais par exemple à partir du moment où il y a une prise usb (et que la construction de la carte mère le permet), on peut y connecter plein de choses ! Soyons fou : un clavier ? une clef bluetooth ? à vrai dire, je ne vois pas ce qui empêcherait d’y brancher une clef wifi… de nombreux pilotes sont dans le noyau linux.

Ça fait longtemps (depuis le jour de son achat, en fait) que mon ipod ne tourne pas avec le firmware Mac™ mais avec rockbox, qui me permet de lire tous les formats que je veux, de ne pas utiliser itunes ou équivalent linux et donc de gérer mon ipod comme une simple clef usb. Nous nous en portons très bien…

Dans la même veine, on trouve un dictionnaire qui peut tourner sur le prs-505 (pas pratique du tout, mais bon…) ou, plus intéressant, un gestionnaire de bibliothèque multiplatformes (lui !), calibre, qui propose même de récupérer des données sur le net, de les transformer et de les mettre sur le livre (vidéos).

Tout ceci est naturellement encore jeune, tout comme les appareils auxquels c’est destiné, nous verrons bien… mais il est rassurant de voir que dans ce domaine là aussi, la communauté open-source n’est pas en reste.

27 juil. 2008

imaginer (livres ?)

Photo : Edward Burtynsky :
Rock of Ages # 15,
Active Section, E.L. Smith Quarry, Barre, Vermont, 1991


Petit billet rapide pour le plaisir de mettre la photo ci-dessus. Et j’encourage à aller voir le site.

Exploration de l’outil « tablette de lecture » depuis une semaine. Lecture de nombreus heures sous divers éclairages tel le train, le métro, la rue ou la petite lampe de chevet poussive : pas de problèmes.

Pris en défaut lors d’une utilisation avec lampe frontale… il ne faut pas de lumière qui pointe sur l’écran… je chipote.
La batterie tient bien, y compris en écoutant un mp3 en même temps.

Impossible d’installer le programme sony avec l’émulateur windows sous linux. J’ai donc du passer par un Windows XP™ pour mettre à jour le pilote. Gain en vitesse et qualité d’affichage très net et, bonne nouvelle, le support de l’epub arrive. Mauvaise nouvelle, c’est encore balbutiant. En particulier pas de support pour la justification du texte et la coupure des mots : avec une faible largeur d’écran tel que c’est le cas (9 centimètres), à moins de lire de la poésie, c’est raté.

Reste que l’arrivée de ce type de formats qui permettent de reformater les textes fonction des supports, se pose le problème déjà posé pour lequel je n’ai encore lu de solution : comment se repère-t-on dans un texte qui ne cesse de voir son nombre de pages modifié ?
Comment noter sur un bout de papier Cf. p.79 si nous n’avons aucune assurance que le passage souhaitée sera encore à la page 79 ?
Je suis convaincu que l’étalon du livre, la page, va devoir s’adapter (disparaître ?).
Or les signets électroniques ne le remplaceront pas. Pas tout de suite. Comment un prof pourrait-il faire un cours et donner des références avec signets électroniques ? Il enverra peut-être son cours aux élèves, avec les extraits liés. Demain sans doute. Pour l’instant, le support n’est pas là (pourtant, j’ai vu que sur la carte SD de mon sony, un nouveau dossier a été créé qui contient les notes de Digital Édition™).
En attendant, je ne vois qu’une seule solution simple : changer d’échelle. Puisque la page n’est plus, rabattons nous sur le mot — voire sur le caractère, mais les quantités vont vite être ingérables. Forcément, comme le nombre de mots d’un livre peut malgré tout vite être important, peut-être userons-nous du déci-mot ou du kilo-mot. Je nous vois bien avoir quelques difficultés à nous y faire, mais les journalistes manient ces unités-caractères depuis longtemps. Et puis nous avons bien appris à parler en kilo, méga, giga, octets ou pixels, je ne vois pas pourquoi Cf. 2,165 kMt ne finirait pas par être une référence parlante.

Peut-être utiliserons-nous plutôt des pourcentages, ou des « pourmille » (‰) de ce nombre de mots dans l’ouvrage. Pas sûr que ce soit assez précis.

Et puis, s’il te plaît, monsieur Sony™, je voudrais bien que tu occupes un peu cette barre noire en bas de la page en y mettant, par exemple :
— l’heure (mise à jour à chaque tourne de page) pour que je sache qu’il est vraiment temps de fermer la lumière ;
— le titre, l’auteur, de ce qu’affiché — oui, c’est bête, mais comme le support est inchangé, quand on rallume l’appareil, il serait bien de savoir sur quoi l’on tombe !

Pour finir, pour les accros parisiens et autres usagers du métro, une version png du plan des stations, à mettre dans le dossier « image » : ici (il faudra zoomer dessus).

18 juil. 2008

Imaginer (prs 505)

(oui, la photo est horrible, c’était pire avec le flash ou une lumière directe)

Me voici donc en possession d’une « tablette de lecture » sony prs 505.

La bête est plutôt jolie, bleue foncée — j’ai choisi cette couleur en espérant que ça favoriserait un bon contraste par rapport au papier — étonnamment légère et fine hors de sa pochette.
La pochette est de plutôt bonne facture bien que le mode d’accrochage fasses que le livre n’en est solidaire que par la tranche (comme une page, en quelques sortes) et bouge un peu dans son emplacement. L’autre inconvénient, c’est qu’ouverte, les boutons sont à quelques deux centimètres du bord et qu’on a moins l’appareil en lui-même au creux de la main portant le poids sur le bout des doigts. La tenue de la main droite est plus agréable sans la pochette… et plus agréable avec de la main gauche !
Je ne vais pas détailler tous le fonctionnement, il y a suffisamment de vidéos et autre sur le sujet partout sur le net. Reste que les boutons sont assez agréable, plutôt durs mais on évite ainsi les appuis inopinés.

Quelques considérations techniques :
  • Impossible d’utiliser avec ma carte SDHC de 8Go. Même en la partitionnant de façon qu’une première partie n’en fasses que 2 ;
  • la carte SD de 2 Go est parfaitement reconnue ;
  • branché via le câble usb, linux reconnaît automatiquement la mémoire interne et la carte SD comme deux clef usb correctement nommées et automatiquement montées ;
  • il suffit de recréer l’arborescence dans la carte SD tel que François l’a indiqué dans son billet concernant les Mac™ (à ceci près que le lecteur avait automatiquement créé un répertoire « Sony Reader » dans lequel j’ai créé l’arborescence ;
  • premier chargement en quelques heures via la recharge qui se branche sur le courant
  • pour la synchronisation, nous disposons sous linux de conduit dont la dernière version sortait hiers, coup de chance, car bien que prométeur, le logiciel est un peu jeune à mon goût. Pour les ubuntero, un dépôt pour cette version est disponible sur launchpad et conduit est un des logiciels dont on trouve des mises à jour sur getdeb ;
  • mauvaise nouvelle : pour pouvoir installer, qui sait peut-être, des mises à jour du firmware (ou un firmware opensource), il faudra impérativement passer par le logiciel dédié ne fonctionnant que sous Windows™.

Première réaction, comme tout le monde : la lecture est étonnamment facile, on oublie totalement l’appareil. Les blancs pourraient à mon goût être un peu plus blanc mais ce n’est pas gênant pour la lecture. Le temps de réaction après chaque appui sur un touche est au début surprenant et il faut s’habituer à ne pas cliquer 3 fois là où une seule suffit… plus un léger temps d’attente. Ceci entraîne que lors de la lecture on se retrouve à anticiper un peu la fin de la dernière ligne pour tourner sa page.

J’ai testé des pdf issus de publie.net, d’autres de feedbooks (qui permet de régler soi-même la police utilisé et la taille des marges, dommage que le site ne soit pas plus francisé et qu’on ne puisse pas facilement dire qu’on ne veut que des livres en français) ou d’aldus. J’ai bien entendu créé moi-même des pdf avec context. Je pense d’ailleurs que le plus confortable est de ne mettre aucune marge ou presque. Quand il y en a, mon premier réflex est d’appuyer sur le bouton « zoom » pour que le texte occupe toute la page. Cette fonction pose quelques porblèmes avec les pdf car avec certains pdf, quand on passe à la page suivante, le zoom n’est pas optimum et il faut revenir à la taille normale avant de re-zoomer.
Les résultats sont mitigés, certaines polices trop fines ou détaillés passent mal (la LinuxLibertine par exemple) alors que d’autres sont très bien (j’ai utilisé la Gentium pour le moment). Il faudra que je teste une des nombreuses polices « sans sérif » libres disponibles et qui sont peut-être plus adaptées puisque moins ornées.

J’ai beaucoup moins testé les .rtf mais il semble que le résultat soit également très bien, avec cet atout de permettre de changer la taille des caractères. Un regret cependant : on dirait bien que les polices qui sont dans la machine sont très limités… l’apostrophe typographique « ’ » n’est pas reconnue — c’est pourtant le guillet de citation de second niveau en anglais —, le tiret sur cadratin « — » non plus. Il est vraiment dommage qu’un appareil destiné a rivaliser avec le livre ne permette pas ce minimum de mise en page. Peut-être est-ce OpenOffice qui s’y prend mal…

L’ergonomie de la navigation est agréable, avec quelques raccourcis bien pensés lors de l’appui long sur les touches, utiles compte-tenu du temps de réaction.

Je n’ai jeté qu’un rapide coup d’œil aux courts textes déjà présents dans l’appareil à la première ouverture. La qualité semble au rendez-vous mais le format n’est pas ouvert, je ne sais pas comment on peut créer des fichiers qui l’utilises et il peu de chances que j’essaie de le faire ! Poubelle.

Car bien entendu, tout n’est pas rose… et sony n’a pas retenu la leçon après l’abandon « forcé » de son format de fichier audio (l’ATRAC). Où est le support de l’epub ? Pourquoi l’appareil ne sait-il pas lire des fichiers sons au format .ogg ou .flac qui offrent pourtant une bien meilleur qualité que le propriétaire mp3 ? Espérons que des mises-à-jour du firmware apporteront le support de ces formats (on peut rêver). Pour finir le support du format .doc est annoncé mais en fait il faut être sous Windows™ et posséder word™ pour que le logiciel de sony fasse la conversion à notre place.
Bonne nouvelle pour l’affichage des images le format .png, bien supérieur au .jpeg, est supporté. Dommage que ce ne soit pas le rôle de la machine et que le temps d’affichage des images soit horriblement long.

Pour finir une conclusion après ces deux premiers jours : quelque soit les questions techniques qui restent à régler, une chose est certaine, c’est avant tout un livre. Ou ce qui s’en rapproche le plus dans l’usage. J’en veux pour preuve que quelques heures après en avoir pris possession j’étais déjà à l’utiliser tout naturellement, sans problèmes de reflets ou d’encombrement, dans le bus, pour lire en marchant comme à mon habitude, ou au lit le soir. Aucun autre appareil de lecture ne m’avait permis ça jusqu’à présent. Je sens qu’il va falloir que je trouve un moyen de le protéger : il ne va pas beaucoup me quitter.

16 juin 2008

Imaginer (le renard et la lecture)


Demain — en fait à 19 heures mardi en France — sortira la nouvelle version de firefox, la version 3. Je la teste depuis des mois et au delà de la rapidité accrue, la nouvelle barre de recherche fondue avec la gestion des signets m’est devenue indispensable.
Mais ce qui est également très important c’est le gain de qualité du rendu des polices et les nouvelles possibilités offertes de rendu d’images (mais aussi les canevas pour les balises sons et vidéo prévue dans html5 : au revoir le plugin flash).
La meilleur gestion des police est importante pour la lecture écran, car elle permet d’avoir des mises en page bien plus propres, avec ligatures et crénage mais aussi un lissage des polices plus agréable lorsqu’on lit longtemps. Toutes ces fonctions sont aussi accessibles dans les zones de saisie de texte telle que celle que j’ai sous les yeux alors que j’écris.
C’est d’autant plus important que c’est ce moteur de rendu qui équipera la version « mobile » de firefox, fennec, pour téléphones et autres pda, qu’on ne peut pas encore tester mais à propos de laquelle on peut trouver des concepts vidéos.

Beaucoup de ces nouveautés, détaillées, illustrée et en français sur l’indispensable framablog.

À télécharger, donc, les yeux presques fermés.

NB : l’équipe mozilla espère battre le record du monde de téléchargement en une journée… est-ce vraiment nécessaire pour se convaincre de la qualité ? Je préfère le gain incroyable en performances. Il n’est pas si courant que les logiciels, gagnant en âge et en fonctionnalités, soulage par là même nos barrettes mémoires. J’irais malgré tout contribuer de mon petit téléchargement.

19 mai 2008

Imaginer (adobe digital éditions et linux)


Lisant le passionnant dernier billet de François consacré au livre électronique, j’y apprends qu’Adobe Digital Editions propose une nouvelle façon d’aborder le livre électronique. Il était temps, me dis-je… Le geek jamais vraiment caché en moi se réveil donc, je clic sur le lien vers un tant espéré logiciel multiplatforme de lecture numérique… Las, j’aurais dû m’en douter, j’apprends dans l’onglet dans lequel la page c’est affichée que « désolé, mais votre système ne réponds pas les besoins de systèmes minimaux. »
Qu’a donc mon système ? Alors même qu’Adobe™ annonce fièrement la sortie sur Mac™, Windows™ et Linux de la verison béta du nouveau player flash, et par là même un effort d’ouverture de leur logiciels.

Dire que c’est une réelle surprise, ou une nouveauté… non.
Je démarre donc le dernier Windows™ qui tourne encore ici, me rends sur la page de téléchargement d’adobe digital édition, qui me propose immédiatement de l’installer… il semble bien que ce ne soit en fait qu’une application en flash — déroutant, car le clic droit ne donne jamais rien dans l’application.

La bonne nouvelle, maintenant.
En cliquant avec le bouton droit sur le lien nouvellement créé sur le bureau windows, il est possible via les propriétés de trouver l’adresse exacte de l’exécutable (un « .exe », donc) et de le copier dans une clef usb ¹.
Un fois de retour sous linux il suffit, si ce n’est pas déjà le cas, d’installer wine, qui permet de faire tourner des applications Windows™ sans avoir a lancer une machine virtuelle pour laquelle, de toute façon, je n’ai pas la licence sur mon ordinateur.
Wine est dans toutes les distributions linux récentes, l’installer ne devrait prendre que quelques clics ou quelque chose comme ça dans la console : « sudo aptitude install wine » pour les ubunteros et autre « débianneux ».
Une fois wine installé, il suffit de naviguer vers la clef usb et, d’un valeureux quoi qu’incertain, double clic sur « digitaleditions1x5.exe » ou « wine LECHEMINVERSLEXECUTABLE/digitaleditions1x5.exe » dans une console, lancer le processus d’installation comme sous Window™ ².
Tout semble se dérouler pour le mieux, un nouveau dossier « My Editions » est créé dans le répertoire personnel, les pages d’aide s’ouvrent dans firefox (bravo pour tous les raccourcis clavier… mais où est celui qui fait un vrai plein écran ?).
Par la suite, Adobe Digital Editions est accessible dans le menu Applications > Wine > Programmes > Adobe Digital Editions et peut-être lancé comme toute autre application linux.

Voilà, j’espère que ça évitera a quelques lecteur la nécessité de passer par un système d’exploitation dont il ne veulent pas pour… lire un livre.

¹ j’aurais bien, ici mis un lien vers cet exécutable, mais je doute fort que la licence m’y autorise… si vous n’avez pas accès à un système d’exploitation soutenu par Adobe™, en cherchant entre ici et là, vous devriez trouver.
² Je sais, ce ™ devient fatiguant à la longue… mais il est sous mes doigts et sers mon propos, alors…

10 mai 2008

Imaginer (O’Reilly france ferme)


J’attends que la feuille, teXte ou àmontour développent l’info, mais j’apprends que les éditions O’Reilly France ferment ; liquidation judiciaires.
Les éditions O’Reilly, dans le domaine bien spécifique des livres informatiques, me paraissaient incontournables. Mon « LaTeX par la pratique » est tout corné et j’espérais bien voir surgir un « ConTexT par la pratique », un jour. Ce sont des livres bien traduit (les traducteurs français sont eux-même des experts du dommaine qu’ils traduisent et ils écrivent des chapitres spécifiques à l’usage du français), avec une belle mise en page, un reliure solide… bref, un vrai travail d’édition.
C’est d’autant plus triste que c’est un éditeur qui a très tôt choisi de mettre en place des livres numériques (sans DRM, avec création d’un format de documentation électronique, le docbook, en plus), décision favorisée par le fait qu’ils travaillent pour un domaine dans lequel la lecture à l’écran et la recherche plein texte est une réalité quotidienne.
Malgré 40 % de leurs ventes en numérique, un manque de temps auquel s’ajoutent baisse du dollar et subprimes ont enterré la petite filiale française.
Plus d’explications ici (dans les commentaires on apprend que le site rapportait 20 fois plus qu’il ne coûtait…).

4 avr. 2008

Imaginer (radio)

Souvenir d’enfance, des reportages radio dans lesquels le micro passait la porte, montait l’escalier, les bruits de la rue, atténués par la fenêtre ; on entrait dans le reportage comme chez l’intéressé.
Alors quel plaisir d’aller passer un peu de temps sur freesound, une base de sons sous licence creative common, grandissante et bariolée.
Ici aussi bien des sons captés que des montages ou de mix complets.
Les morceaux sont bien étiquetés et on peut facilement et rapidement les écouter et les boucler (inscription nécessaire pour les télécharger).
On y trouve aussi bien des extraits très courts utiles aux montages que de longs arrangements, comme cet orage (1h15) ou ce feu de forêt. Ne manquent pas un foule d’oiseaux, de marcheurs et même les cloches de la cathédrale de Saint Etienne !
Il y a aussi des « pack » tout fait, des machines, des instruments de musique et de quoi remplir une trousse à outils.
Ça changera de ça.

Alors y ajouter une voix ?

PS : Pour le montage « open sources » le facile à utiliser audacity et le très (trop) complet ardour.

25 janv. 2008

Imaginer (l’écriture et le bazaar)

François Bon a évoqué, reprenant les points qu’il avait abordé il y a deux ans à Lyon — souvenir d’être allé à la seconde séance de cette journée, annoncée identique de la première, mais qui n’aurait jamais pu l’être — évoqué, donc, vendredi, le fait que les logiciels de traitement de texte sont ce qui a le moins évolué depuis ces dernières années.
Il a même noté une régression par rapport à des programmes expérimentaux qu’il a pu connaître.
Je veux bien croire le peut d’intérêt que cela suscite et la mise en avant de la pseudo joliesse affichée contre les possibilités offertes.
Pourtant, il semble qu’il faille, une fois de plus, se tourner du côté des informaticiens. En effet, bien qu’ils n’aient pas les mêmes contraintes d’écriture que les auteurs de littérature, ils ont, depuis longtemps, développé des systèmes de travail sur des fichiers texte (purement de langage de programmation, mais aussi de documentation) et de gestion de versions.
J’ai déjà un peu parlé des éditeurs de texte.

Aussi me suis-je penché sur la question de la gestion de versions qui semble être une question très débattue au sein de la communauté informatique.
Il existe beaucoup de ces svc. Les logiciels libres, très collaboratifs, sont friands de ces systèmes, et parmi eux, par exemple, le programme qui réuni le plus de collaborateurs au monde : le noyau linux lui-même, pour lequel son créateur, Linus Torvald, a fini par créer son propre système de gestion de version.

Si j’ai bien tout compris, par système de gestion de versions les informaticiens entendent plusieurs choses et, au mieux, tout ça :
— Possibilité d’un système centralisé sur un serveur, échanges crypté ;
— permettre à plusieurs personnes de collaborer, identification des collaborateur et de ce qu’il font ;
— gestion des versions proprement dite : possibilité à tout instant de revenir à une version antérieure des fichiers dans leur ensemble ou d’un seul des fichiers ;
— possibilité de comparer une quelconque version avec une autre et de voir les différences entre les deux fichiers ;
— possibilité de créer des « branches ». À savoir de partir d’une des version et de créer autant de branches que souhaitées, toutes différentes entre elles, avec une gestion de versions elles aussi ;
— possibilité de fusionner deux branches ayant divergées (sans perte des états précédents), et que ce procédé ce fasse le plus automatiquement possible — avec un « arbitrage » par l’utilisateur en cas de conflit entre deux version non automatiquement fusionnées ;
— possibilité d’étiqueter les différentes versions ;
— possibilité de faire tout ce qui est décrit ci-dessus même en étant pas connecté, et de synchroniser le tout plus tard, (on a alors sur l’ordinateur l’intégralité de ce qui se trouve sur le serveur on les dit systèmes décentralisés) ;
— multiplatforme, interopérable ;
— différentes interfaces : graphique, textes, web ;
— j’en oublie sans doute.

D’autres systèmes, comme certains wiki permettent de stocker les différentes versions d’un fichier, mais pas de travailler depuis les endroits où la connection est chaotique, non plus qu’avec les formats de fichiers que l’on veut.

J’ai donc décidé de tester un de ces systèmes.
J’ai choisi d’essayer bazaar, réputé pour sa simplicité de mise en œuvre et d’utilisation, grâce à un petit coin de serveur mis à disposition par un amis. Du fait de ses nombreuses fonctionnalités, il peut être utilisé de différentes façons selon l’usage qu’on désire en avoir (elles sont expliquées, avec shémas, ici) y compris sans serveur.
Pour moi la possibilité d’avoir l’ensemble des fichiers dans mes machines et sur un serveur c’est aussi une sauvegarde facile…


Dans la pratique il suffit à des moments « clefs » — travail sur une autre partie, fin de la journée, changement d’ordinateur, etc — de marquer une version et de continuer jusqu’à la prochaine. Bien entendu, régulièrement (et surtout avant de changer d’ordinateur) il faut synchroniser le tout avec le serveur pour récupérer les modifications sur un autre ordinateur. Dans le gestionnaire de fichier, une seule version du fichier apparaît, pourtant si on utilise un outil approprié, on peut voir l’historique des versions et travailler avec les versions. Pour un fichier simple on obtient ça :

Avec plusieurs branches, plusieurs contributeurs, ça peut aboutir à ça :


On peut comparer deux versions du fichier avec, par exemple, meld qui permet aussi de réunir deux ou trois versions d’un même fichier en un seul.

J’arrête ici avec la technique, on va encore me dire que je parle javanais…

Je ne suis pas certain que le fait de conserver de nombreuses versions d’un texte soit nécessaire à sa genèse, non plus que d’en faire des branches différentes. Pas forcément dans la forme actuelle d’un texte. C’est peut-être plutôt un intérêt pour les chercheurs et les lecteurs curieux — peut-être est-ce, en soi, suffisant ?
Pourtant ces système de gestion, ou l’idée de ce qu’ils contiennent, qu’importe la forme qu’elle prend, pourraient constituer un « pas » vers le livre-internet dont parlait Hubert Guillaud (vidéo ici), ou vers l’idée d’un même livre, à jamais réécrit dont parlait François Bon. Déjà, à l’heure actuelle, les systèmes de gestion de versions disposent d’interfaces graphiques en ligne qui permettent à un simple lecteur de récupérer différentes versions, de les comparer… (c’est assez moche pour l’instant, un exemple ici avec le projet du noyau linux).

10 janv. 2008

Imaginer (pdf-idpf-prc)

Fourre-tout sur les formats, les lecteurs et ce que j’y trouve.
La question est compliquée car s’y mélange trois éléments : le format dans lequel est publié le document, l’appareil sur lequel on le lit et le logiciel qui est utilisé.

Il nous manque un tableau récapitulatif (sur wikipedia ?) fondé sur cette page. Je vais essayer de lancer ce projet.

J’ai donc commencé à lire des pdf « longs » à l’écran, sur mon portable.
Première impression : mon portable est lourd, n’insistons pas, mais son écran de 14′ en 16/10 est amplement suffisant pour lire. (une rotation de 90°, ou sur sa base, type olpc, serait la bienvenue). Ce n’est pas là une grande nouveauté : on savait déjà que le livre électronique avait besoin d’un support propre, et il y en a déjà un certain nombre (en attendant l’ordinateur en tissus et son écran en papier électronique).
Passons à la navigation. Les textes dont je disposais sont en pdf, j’ai deux programmes qui me permettent de les lire : evince, le lecteur par défaut pour linux-ubuntu et acrobat reader 8 que je n’utilise que très peu mais qui est très complet.
Les deux proposent deux modes de « navigation » : un seul long parchemin ou une suite de pages.
Mon écran étant assez grand, j’ai vite préféré le mode page car le défilement n’est pas assez souple à mon goût et on est obligé d’interrompre sa lecture le temps de faire défiler le texte.
Bien qu’étant l'un des format les plus portables et les moins risqués, le pdf pose plusieurs problèmes, liés aux droits accordés par le créateur du pdf (je ne les avais pas sur les textes que j’ai testés) :
— Je n’ai pas le choix des polices, tant de leur taille que de leur type. Dans le cas présent, elle aurait pu être plus petite, ça m’aurait permis d'économiser des « mouvements » de défilement du document ;
— sur un écran plus petit, je n’aurais pas eu d’autre choix que de me mettre en mode défilement : la lecture en aurait été beaucoup plus saccadée ;
— je ne peux pas mettre de marque page ! (ou je suis trop bête et n’ai pas réussi à le faire). Pourtant je n’utilise jamais de marque page avec les livres papiers, mais pour l’instant, j’y retrouve plus vite ma page (courbure « physique » des pages déjà lues, mémoire visuelle des paragraphes, mémoire sensitive de l’épaisseur déjà lue ou restante) ;
— le document n’étant pas séparé en de nombreux chapitres, je ne sais pas trop où j’en suis : dans le livre, dans le chapitre. Je crois que sur le Kindle® et sur d’autres solutions logicielles, la solution choisie a été de mettre un pourcentage. Mais pourcentage de quoi ? du nombre de feuilles ? Ça contraint à ne pas en changer le nombre (donc la typographie), il faut donc que ce soit un pourcentage du nombre de mot, voire du nombre de caractères. En tout cas cette question du positionnement dans le texte est un point très important et je ne me souviens pas avoir lu quoi que ce soit à propos de solutions satisfaisantes. Peut-être nous faut-il de nouvelles unités : des kilo-mots ou des kilo-phrases ? ;
— pas possible de mettre des notes non plus (toujours lié à un problème de droits).

Bien entendu, des avantages possibles (tout dépend de l’outil utilisé pour la création du document) :
— Belle mise en page ;
— typographie possiblement avancée (ligature, crénage). (Notons que firefox 3 saura aussi le faire (c’est cette diapo) en partant d’un simple document en html comportant les bons attributs — ce qui relance l’intérêt de l’extension Openberg associée à prism par exemple puisqu’on aurait tous les atouts d’un navigateur associés ;
— très grande portabilité (bien que la typographie et la mise en page doivent être modifiées pour des écrans plus petits).

On comprend donc vite l’intérêt d’un autre format que le pdf dédié au livre électronique ; et la guerre des formats qui s’en suit.
Guerre qui est déjà là depuis quelque temps, et heureusement les habitués du combat pour les formats ouverts ont déjà pris les devants. Un format ouvert, libre et multiplatforme existe : l’idpf ou OEB pour OpenEBook. Ce n’est qu’un format parmi de nombreux autres. Mais le fait qu’il soit ouvert et soutenu par plusieurs organismes est plus que déterminant pour une saine évolution d’un « produit » dont on ne connaît que très mal l’avenir. Cela dit, il semble que la fondation qui avait été créée, entre autres, pour le soutenir ait cessé son activité. Ce n’est pas la mort du format mais il est dommage qu’il n’y ait pas eu une plus grande adhésion au projet — peut-être avait-il été lancé trop tôt.
La raison de mon inquiétude concernant les formats est très simple : le livre, encore plus que la musique, a besoin d’une grande pérennité. Un livre que j’achète maintenant doit être encore lisible dans vingt ou cent ans. Mieux, les notes, les signets et autres soulignages que j’y ajoute doivent y perdurer et être encore lisibles quelle que soit l’évolution du format qui les contient. Dans l’idéal, ces notes devraient aussi s’adapter aux différentes « révisions » d’un document. Il faut aussi que mon livre soit lisible sur tous les appareils que je croise et aussi sur ceux qui n’existent pas encore. Que se passera-t-il si la firme qui possède le brevet d’un format en change sans maintenir les anciennes versions — ou au moins une compatibilité avec ces versions ? Et ce sont des problèmes courants avec des vieux formats d’image, de son et de texte. C’est aussi la raison pour laquelle un livre électronique ne doit pas avoir de DRM.

J’ai un peu cherché dans les programmes libres pouvant lire les formats disponibles.
Je connaissais déjà le djvu que mon lecteur de pdf lit par défaut et qui est utilisé par wikisource pour l’affichage des contenus numérisés. Il a de nombreux avantages face au pdf (et le désavantage de ne pas avoir été créé par une multinationale informatique) mais, comme le pdf, c’est un format image, avec les mêmes inconvénients (et dix fois moins de place occupée, quand-même).

Pour lire des fichiers au format idpf (ils portent l’extension .epub, les ops, opf et ocf sont les différents formats ouverts et conteneurs), plusieurs possibilités :
— DotReader, projet qui semble repartir ces derniers temps. Le lecteur a l’air de contenir tout ce dont je rêve : système de signets, de recherche (y compris avancées avec expressions régulières), un mode de surlignage, une bibliothèque… malheureusement mes tests n’ont pas été très concluants et tout cela ne me semble pas encore très utilisable au quotidien ;
— FBReader (ça ne s’invente pas, « toute ressemblance avec des initiales existantes ou… » quoique, serais-je vraiment surpris ?), beaucoup moins de fonctionnalités que le précédent mais prévu pour de nombreux appareils différents, pas très mûr non plus…
— le Mobipocket ebook reader conçu à la base pour lire le format du même nom (ce que font aussi les programmes ci-dessus) mais ne fonctionne malheureusement pas sous Mac et Linux… dommage il a l’air d’être un des plus évolués dans son domaine ;
— Adobe Digital edition. Là aussi, il n’y a qu’une version windows ;
— Openberg qui est en fait une extension pour firefox. À noter qu’ils mettent aussi à disposition Openberg rector qui sert à créer des livres électroniques au format oeb à partir d’autres formats. J’en ai dit quelques mots plus haut concernant les futures capacités graphiques de firefox3.

Notons aussi Plucker qui dispose de son propre format (ouvert lui aussi) et semble plutôt destiné au marché des pda. Mais il n’y a pas eu de mise à jour récente.

N’oublions pas aussi, le format docbook, libre et fondé sur l’xml mais qui est surtout utilisé dans les domaines scientifiques (c’est pour ça qu’il a été créé). Il n’en demeure pas moins efficace quand au résultat —Cf les publications d’O’Reilly et la collections de livres sous licence Créatie common .

Le format, autre que le pdf, et qui semble s’imposer est le mobipocket, lui aussi en xml, créé par une firme française et racheté par Amazon en 2005. En plus du fait qu’il soit verrouillé par des DRM (ce n’est pas obligatoire, me semble-t-il), il est la propriété d’un groupe qui vend des livre (et pas qu’un peu), ce qui n’est pas des plus rassurant.

Pour l’instant j’ai donc l’impression que le pdf reste la solution la plus efficace pour rendre les textes accessibles à tous. Mais que c’est une situation qui va sans doute très vite évoluer car les limites du pdf vont vite se heurter aux nouveaux appareils de lectures.

Une chose est certaine, c’est que ce sont les langages à balises (xml en tête) qui sont retenus pour la création de ces formats de livre électronique. Je m’étonne que personne n’ai pensé à utiliser du TeX (avec ou sans les macros LaTeX ou Context) pour ce faire puisque c’est le langage à balises le plus ancien pour la mise en forme de texte. Sans doute la lourdeur de la compilation, ou la complexité du langage. Ce pourrait pourtant être une base très complète pour aller, ensuite, vers différents formats (un pdf inégalable en qualité, du xml mobipocket ou idpf). Dans cet esprit, le format libre .odt est lui aussi un langage qui pourrait constituer une base commune avec l’avantage d’une édition WYSIWYG dans OpenOffice, googledoc et autres, mais des capacités typographiques moins importantes.


Tous ces sujets ont déjà été traités dans bien des médias, mais je me pose quand même une question : et vous, comment lisez vous vos livres électroniques ?

26 oct. 2007

Imaginer (sémantique)

J’entame une page de réflexions (oui, tout comme un autre en a, plusieurs, qui évoluent régulièrement) tout simplement par ce que je me sens totalement incapable de mettre mes idées en forme proprement (ou bien n’en ai-je pas le courage, ce qui aboutit à peu de choses près au même).

Je ne sais pas combien il y a de flux dans mon lecteur de flux rss mais, le parcourant, je me rends compte que nombre des sites qu’il absorbe me sont inconnus.
Je ne sais pas leur mise en page, les autres informations qu’ils proposent, pas le fond d’écran, pas tous ces détails que l’auteur met du temps à mettre en place, souvent… C’est un constat assez triste.
Et je fais d’autant plus ce constat depuis que le nombre de planets auxquels je suis abonné ne cesse d’augmenter — étrange d’ailleurs, que remue.net ou François Bon n’en aient pas encore créé un (qui prendrait rapidement des proportions considérables) — avec pour conséquence concernant certains des blogs dont je parcours le contenu par ce biais que je ne sois jamais passé sur les pages « physiques » (ai-je envie de dire).

Prise de conscience, en fait, de ce qui est désigné sous l’appellation de « web sémantique » (si j’ai bien compris). Le contenu et le contenant se séparent donc de plus en plus l’un de l’autre. Se séparent ne voulant pas dire que le contenant disparaît, loin de là, au contraire même, puisqu’en fait le contenant se multiplie et se diversifie.
Un utilisateur de LaTeX comme moi (il y en a d’autres) ne peut que se réjouir de l’idée de la séparation du contenant et du contenu. J’espère même qu’un maximum de bloggueurs rédigent directement en html, pour se préparer à cette idée, à ce nouveau rapport au texte.
Même sans aller jusqu’à l’usage de l’hypertexte, pensera-t-on encore le livre de demain de la même façon sachant les différents supports sur lesquels il se retrouvera ? Et les différentes mises en page que cela entraînera. Les images sont en train d’apprendre à s’adapter. Il suffit de regarder cette vidéo.


[Il existe un plugin pour gimp qui permet d’utiliser cette technique, et l’ircam a développé depuis longtemps un équivalent pour « résumer » une symphonie en 5 minutes]

Ira-t-on jusqu’à avoir différentes « formes » du texte, évolutives suivant le support ? Sans aller jusqu’à confier ça à un algorithme, mais le penser ? Penser le texte sous deux formes différentes, au moins deux. Dans un éditeur de texte comme vim on a la possibilité, pour faciliter l’écriture, de « plier » le texte comme une feuille, de façon à faire disparaître une partie qui n’est pas utile sur l’instant (ça existe sans doute ailleurs). C’est un aspect purement pratique mais le texte sur support numérique va permettre ça : avoir un texte et en « déplier » des passages pour en révéler une nouvelle partie.
Évidemment, ça fait un peu peur. On a, j’ai, envie d’intégrité pour le texte, envie que des techniques comme celle-ci restent du domaine du pratique. Mais peut-être est-ce parce que j’ai une pensée réductrice… D’ailleurs les nouvelles dans les journaux s’organisent déjà entre brèves et articles. Entre le résumé quotidien du Monde dans ma boîte électronique et le journal papier dans la boîte physique (quelques heures après que la version électronique du même journal me soit parvenue…)

Tout cela paraît bien impensable pour la littérature. J’entends déjà des voix (j’entends des voix !) dire : « On laissera ça aux “expérimentateurs” ». Je me pose la question (et laisse ça là, pour la colline).

9 oct. 2007

Imaginer (livre électronique)

Je lis avec plaisir les compte-rendus et discussions suite au « forum pour une dynamique de la nouvelle chaîne du livre » là ou ici ou encore là.
Et heureusement, parce qu’au début, lisant le début du compte-rendu de François Bon, j’étais un peu colère.
Imagine-t-on vraiment les enfants qui grandiront dans quelques années avoir une bibliothèque dans leur livre électronique et un roman dans la poche ?
Comment peut-on dénigrer la sensualité et le rapport que l’on peut avoir avec un objet qui n’existe pas encore ? Dont nous n’avons que quelque prototypes moches ?
Car le livre électronique ne sera pas un ordinateur portable. Il sera autre chose, sous une autre forme, plus légère, plus portable, avec un écran plus lisible encore.
Bien entendu, la littérature utilisera ce que ce média-là lui permettra, mais pourquoi serait-ce une obligation ?
Pourquoi tout la littérature précédente ne pourrait pas s’en accommoder parfaitement ? Où est la gêne ? Un livre tient-il vraiment dans la page que l’on tourne ? (et qui dit qu’on ne pourra pas en tourner une ? Ou mieux qu’il y aura un autre plaisir que tourner une page, mais que ça n’en sera pas moins un.)
C’est une étrange aventure qui s’offre à nous, il reste tout à faire, tout à imaginer. Beaucoup a déjà été dit mais un exemple, bêtement pratique : comment notre rapport aux nombre de pages qui diminuent d’un côté pour alourdir l’autre main se fera-t-il ? Comment évaluerons-nous le reste de paragraphes avant la fin du chapitre (ce qui décide, bien entendu, du fait que je m’assoie ou pas sur un banc du quai du métro avant de sortir de la station).
Mais hormis ces questions qui se régleront, je l’espère, avec la participation éclairée des sus-nommés, entre autres, ne s’agit-il pas tout simplement d’un livre ?
Car évidemment, si je le souhaite, mon livre sera rempli de signets, de renvois vers un autre livre, et souligné et annoté.
Évidemment, je pourrai rapidement rechercher tel ou tel passage qui m’avait tant touché.
En quoi est-ce différent de ma relation actuelle au livre ? En quoi n’aurais-je pas envie de m’arrêter pour relire un passage, encore et encore ? Et d’en faire profiter un autre ? Pourquoi faudrait-il que ce soit un usage pressé, bâclé, pas en adéquation avec la littérature, la poésie ?

Et surtout, est-ce la mort du livre papier ? Pas sûr, non. Peut-être aurons-nous le choix. Les musiciens sortent de plus en plus des album mixtes téléchargeables / CD qu’est ce qui empêche la chaîne du livre de faire pareil ? (on les attend sur les formats).

Peut-être peut-on craindre l’image, l’interactivité : si le livre électronique peut afficher du texte, il pourra afficher de l’image se connecter au net. Mais imprimer des livres papiers empêchera-t-il mon voisin de regarder un film sur sa console portative ? Non, bien sûr. Ce n’est pas là la question.

En tout cas, j’attends la suite des débats !

Il faudra que je prenne le temps de parler un peu des outils de création littéraire qui pourraient être empruntés à l’informatique, et aussi de la mise en page dynamique (des textes et des images) qui changera tout dans ces livres de demain.